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Dim20052012

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03 Dec
Incinerateur EVERE: La colère est toujours la !
Écrit par Frederic Serres |
Lu 417 fois | Publié dans Environnement
 
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Une réunion surréaliste, qui s'est déroulée le 28 novembre 2011 à la maison de la Mer de Fos; on se serait cru remontés 6 ans en arrière, au plus fort de l'opposition populaire à l'incinérateur que nous avait imposé de force la Communauté Urbaine de Marseille-Provence-Métropole (MPM) !

Massés aux premiers rangs, on pouvait reconnaître les tee-shirts jaunes des militants d'ADPLGF, emmenés par Daniel Moutet (photo). Juste devant eux, les élus du golfe de Fos, sortis en force pour l'occasion : venus de Fos-sur-Mer, Port St Louis, Port-de-Bouc, Martigues, Miramas, Grans... Un rassemblement paré à faire face aux représentants d'Everé, l'exploitant de l'incinérateur.
Ces derniers aussi s'étaient visiblement préparés : ils ont du dévaliser une pharmacie du coin en calmants avant de venir, tellement ils ont encaissé les coups pendant près de 3 heures sans broncher !

Car cette réunion publique, qui avait pour objet de présenter le projet d'augmentation de capacité de l'incinérateur (de 300 000 à 360 000 t/an, soit 20% de plus qu'actuellement), actuellement en cours d'enquête publique jusqu'au 15 décembre, a tourné en quelques minutes au procès à charge, avec les porteurs du projet dans le rôle des accusés !
Bien que les diaporamas et le discours aient été soigneusement préparés à l'avance par le responsable de la communication, les huées de la salle l'ont empêché d'achever son exposé ! Il faut dire qu'à force de dire « valorisation énergétique » au lieu d'« incinération » et « réajustement »de la capacité au lieu d'« augmentation », il n'a fait qu'aggraver les choses en énervant les opposants...
Dés lors que le micro a commencé à circuler dans la salle, les invectives ont commencé à pleuvoir ! Cela allait des deux incendies qui se sont déclenchés dans l'usine en moins de deux ans depuis sa mise en service (pour une usine soi-disant ultra-moderne, ça fait tâche !), aux plaintes des salariés des sites alentour au sujet des odeurs qui émanent du site, à la justification de cette nouvelle unité de traitement des déchets médicaux (DASRI) – 10 000 t/an !, alors qu'un entrepreneur martégal présent dans la salle venait prouver l'existence d'une alternative à l'incinération de ces déchets, par désinfection et recyclage. Mais les mensonges de l'étude d'impact bâclée de 2005 étaient encore dans les mémoires de ceux qui l'avaient épluchée (moi, entre autres !) : les quartiers Olga et Carteau « oubliés » en tant qu'habitations les plus proches du site, le bureau de douane du teminal conteneur de Fos « oublié » lui aussi, en tant qu'établissement public le plus proche du site, et même sur le listage des monuments historiques, ils s'étaient « trompés » ! Les prévisions de traitement, elles, se sont révélées pour la plupart éxagérément optimistes !! L'unité de méthanisation, qui devait servir à appeler l'usine « centre de traitement multi-filières », et qui devait traiter chaque année 110 000 tonnes de déchets végétaux et alimentaires, ne traite réellement que 50 000 tonnes, le reste repartant en décharge ! Les promesses d'Eugène Caselli (président de MPM) pour justifier en 2009 sa trahison envers les anti-incinérateur, à savoir de diminuer la part d'incinération à 250 000 t/an et de doubler dans le même temps la méthanisation (donc à 220 000 t/an) étaient à ce moment-là bien loin... Mais pouvait-on réellement y croire ? Les retours d'expérience de Montpellier et Barcelone ont bien montré que la méthanisation sans tri sélectif à la source était très inefficace, et donnait un compost de qualité trop médiocre pour servir en agriculture... Bon, en même temps, demander aux marseillais de trier leurs déchets (alors que leur civisme et leur éco-citoyenneté sont devenus la référence européenne de ce qu'il ne faut pas faire !) revient à vouloir apprendre les bonnes manières à un orang-outan !

On pourrait aussi parler des relevés de rejets atmosphériques, carrément fantasistes ! En 2005, Everé prévoyait de rejetter pas moins de 39 tonnes de poussières par an ! Aujourd'hui, selon le tableau consulté dans l'étude d'impact, les quantités rejettées en 2010 vont de 35 tonnes à... 68 kg !!! Les exploitants n'ont pas voulu nous dire par quel miracle ils avaient réussi à diviser leurs rejets prévisionnels par 570 !...Pourquoi ??? Peut-être parce que c'est faux ! Faux comme les quantités de mâchefers (cendres) et de REFIOM (résidus de la filtration des fumées) récupérés : au lieu d'en trouver respectivement 75 000 et 1 500 tonnes - la proportion moyenne trouvée dans les autres incinérateurs, on tombe sur 65 000 et 11 000 tonnes !! 10 000 tonnes de mâchefers sont passés dans la catégorie REFIOM, sans la moindre explication ! Et alors l'interprétation des données de qualité de l'air fournies par Airfobep, c'était du foutage de gueule de haut vol : ne sont retenues que les données de pollution de fond de 2007 à 2009 (où sont passées 2010 et 2011 ??), où l'exploitant souligne que si l'objectif de qualité n'est pas respecté, en revanche la limite pour la protection de la santé l'est ! A ce détail près que la pollution de pointe (les dépassements journaliers) n'est absolument pas évoquée : 40 dépassements en moyenne chaque année depuis 2007 (la limite imposée est à 35 !), mais Everé a soigneusement « oublié » ce détail !...

Quel dommage qu'aucun représentant de MPM, du Préfet ou du Port (GPMM) n'était présent, beaucoup de questions les concernaient !

texte: Frederic Serres, image: Daniel Moutet

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